des fois je me dis que je devrais être analyste

(non sérieux mes connaissances sont beaucoup trop limités et je prend TROP pour les Alouettes

) Vercheval semble penser un peu comme moi...
Qu’on aime ou non les Argos, il faut respecter le fait qu’ils évoluent dans le plus gros marché de la Ligue canadienne, un marché important pour la télévision et les commanditaires. Alors quand les Argos sont compétitifs sur le terrain, ça ne peut qu’être positif pour la LCF.
Après des années de vaches maigres, il y a maintenant plusieurs raisons d’être optimiste dans la Ville Reine. L’équipe compte sur un bon propriétaire, un bon président, un bon entraîneur chef... on voit qu’ils ont mis du bon monde en place, des gens qui connaissent le football canadien et qui vont prendre le temps de bien faire les choses pour bâtir une bonne fondation.
D’entrée de jeu, quand je pense au match qui nous attend, je vois non seulement deux équipes avec la même fiche, mais aussi deux équipes qui sont sur une séquence de trois victoires et qui trouvent le moyen de gagner au quatrième quart. Sur papier, par contre, les Alouettes bénéficient d’un avantage frappant.
L’idéal pour Montréal serait un scénario à l’opposé de ce qui s’est produit contre Hamilton, c’est-à-dire un départ canon agrémenté de quelques touchés rapides. Ce serait la meilleure solution pour battre les Argonauts, qui ne compte pas sur un jeu aérien très explosif. À Toronto, on compte plutôt sur le jeu au sol avec l’émergence de Cory Boyd, qui domine la LCF avec des gains de 431 verges et qui gagne en moyenne 6,5 verges par course.
En fait, voici la recette des Argos : ils espèrent ralentir le rythme du match, contrôler le temps de possession et garder le pointage serré question d’être toujours dans le coup au quatrième quart et de pouvoir se sauver avec la victoire grâce à un gros jeu, que ce soit en attaque, en défensive ou sur les unités spéciales.
Ça se résume à ça, les Argonauts, depuis le début de la saison. C’est une équipe qui travaille fort, qui vend chèrement sa peau, mais ce n’est pas une équipe qui peut vous battre à coup de circuits. Alors je me dis que si les Alouettes peuvent débuter le match sur les chapeaux de roue et forcer leurs rivaux à jouer du football de rattrapage, ils seront en voiture. Le quart-arrière Cleo Lemon a complété seulement 58% de ses passes et lancé plus d’interceptions (quatre) que de touchés (trois). L’équipe gagne moins de 200 verges par la passe et à peine 300 verges au total par partie. Leur meilleur receveur de passes, un certain Jeremaine Copeland, occupe le 22e rang du circuit au niveau des verges amassées.
Tout ça pour dire que jusqu’à preuve du contraire, il n’y a pas de raison de craindre l’attaque aérienne des Argonauts, alors il faut les forcer à l’utiliser. Il s’agit d’un défi différent pour la défensive des Alouettes, qui depuis le début de l’année a plutôt été habituée à affronter de bonnes attaques aériennes dirigées par de bons quarts-arrières. Jeudi, ce sera autre chose. Toujours très combative et robuste, la ligne à l’attaque des Argonauts s’améliore sans cesse et montre le chemin à un bon porteur de ballon.
Défensivement, les Argonauts ont quand même provoqué 14 revirements, dont huit interceptions. Faut dire qu’ils ont joué un match contre le bipolaire Henry Burris, qui en avait lancé cinq cette journée-là. Ça aide à gonfler les statistiques, mais quand même...
On verra donc l’équipe qui a réalisé le plus d’interceptions contre le quart-arrière qui en a lancé le moins. Calvillo a été victime de seulement deux larcins cette saison et il est bon de préciser qu’il n’est responsable d’aucun des deux. Le premier est survenu sur sa première passe de la saison en Saskatchewan, déviée par Jamel Richardson et récupérée par un joueur adverse. L’autre a été le résultat d’une bombe décochée vers la zone des buts, la passe du désespoir, à la fin d’une demie. Ça, dans mon livre, ça ne compte pas.
Alors techniquement, Calvillo n’a toujours pas lancé d’interception. Il sera intéressant de voir s’il aura le dessus sur les requins de la défensive des Argos.