
Vous étiez dans la formation des Argonauts de Toronto lorsqu’ils avaient gagné la Coupe Grey deux ans de suite en 1996-1997. En 1998 avec les Alouettes, vous avez perdu en finale de l’Est 22-20 contre les Tiger-Cats. Après deux saisons conclues avec le championnat, comment se sent-on de voir tout s’écrouler après avoir passé si proche de participer à la Coupe Grey une troisième année de suite?
C’est sûr que c’est difficile, surtout après ce genre de match. Nous avions réussi à reprendre l’avance tard en fin de match avec un touché. Nous avions ensuite eu de la difficulté lors de la couverture du botté d’envoi suivant le touché. Les Tiger-Cats ont eu un bon retour, et quelques jeux plus tard ils se mettaient en position pour tenter le placement. Ils avaient un bon vent dans le dos et le botté a traversé les deux poteaux. C’était difficile, nous avions une bonne équipe. Depuis 1996, les Alouettes sont une équipe talentueuse, on se dit toujours qu’on aurait dû gagner plus de coupes et participer à plus de coupes. Mais c’est ça le football des fois, c’est un match, c’est 60 minutes. En même temps, il y avait un bon côté, car on sentait que l’engouement pour le football de la ligue canadienne était en train de renaître à Montréal. Le football commençait à prendre plus d’ampleur au Québec, on pense aux Alouettes, au Rouge & Or, les commissions scolaires. On sentait un vent de fraîcheur dans le monde du football, notamment au niveau amateur. C’était agréable à voir, car ma plus grande frustration, c’est que quand j’ai été repêché en 1987, les Alouettes sont tombés à l’eau la même année. Les 10 premières années de ma carrière, les Alouettes n’existaient même pas.

Que pensez-vous pensez du congédiement du juge de ligne suite à la mauvaise pénalité d’obstruction appelée dans les dernières secondes du match du 30 septembre Blue Bombers/Alouettes?
C’est un message assez fort. Il y a deux côtés cela, d’un côté c’est seulement une mauvaise décision, mais en quelque part je me dis que ce devait être résultat de l’ensemble de son œuvre. Les arbitres sont évalués à toutes les semaines. D’ailleurs, il y en a plusieurs qui débutent la saison, et à la mi-saison, une évaluation est faite et beaucoup d’arbitres sont renvoyés dans les rangs amateurs. C’est quelque chose qui se fait à chaque année, car c’est important pour la ligue Canadienne de développer des nouveaux arbitres. Tout ça pour dire que je pense que si on a été si sévère, c’est peut-être parce qu’en quelque part ses notes n’étaient pas les meilleures, on a peut-être assisté à la goutte qui a fait déborder le vase. Il faut toutefois faire attention de ne pas faire peur aux autres arbitres : vont-ils avoir peur de lancer leur mouchoir dans des moments critiques? Être arbitre, c’est tout un travail. Des décisions douteuses, il y en a contre les deux équipes et j’ai toujours cru qu’à la fin de la saison ça s’équivaut dans toutes les équipes.
Prédictions pour la Coupe Grey? (avec 4 semaines à faire à la saison)
Je n’ai pas d’inquiétude, mais je sais qu’il y a quelques semaines, il y avait un scénario plus complexe qui semblait se développer à Montréal, mais avec deux grosses victoires sur la route ils sont dans le siège du conducteur. Je pense qu’ils vont t=retrouver le moyen le plus rapide de se rendre à la Coupe, c’est-à-dire finir premiers dans la section Est et jouer la finale de l’Est à Montréal. De la façon que ça s’enligne, j’ai l’impression que ce sera Alouettes contre Lions. Les Lions sont sur une lancée incroyable, sept victoires consécutives, et avec la Coupe à Vancouver cette année c’est certain qu’ils veulent participer. Ce serait ironique de voir les Lions sur leur terrain face aux Alouettes, qui sont les anciens Stallions de Baltimore. Ce serait un scénario particulier, et évidemment les partisans des Alouettes pourraient espérer que l’histoire ne se répète pas. Ça pourrait donner un superbe match, on veut que ce soit le plus spectaculaire possible, qu’on puisse dire comme on a déjà dit : «Wow, la Coupe Grey, c’est tellement plus spectaculaire que le Super Bowl!».

Si vous étiez DG de la future équipe d’Ottawa en 2014, qui embaucheriez-vous comme entraîneur-chef?
Je penserais à Chris Jones, le coordonateur défensif des Stampeders de Calgary. Greg Marshall aussi pourrait être une option, il a été remercié cette année par les Roughriders de la Saskatchewan. Il a eu de belles années en tant qu’entraîneur-adjoint, mais est-ce que le fait que ça a mal fonctionné en Saskatchewan pourrait lui retirer son droit à une deuxième chance? Est-ce qu’on veut partir une concession sur cet homme? On peut aussi aller voir à Vancouver, le coordonateur défensif Mike Benevides… Il ne faut vraiment pas se tromper, les enjeux sont beaucoup trop importants
Au repêchage d’expansion en 2014, qui pensez-vous qui pourrait être le premier choix en tenant compte du fait que 11 joueurs par équipe sont protégés?
Sans savoir quel joueur précisément, on peut être certains du poste de ce joueur. C’est évident qu’il faudra regarder pour le meilleur quart-arrière disponible.