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Une dernière chronique

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Une dernière chronique

Postby LeStaf » 15 Aug 2016 12:55

Le tiers de la saison des Alouettes est passée et force il est d'admettre que cette équipe ne va nulle part, et n'ira nulle part. Bien des espoirs étaient permis avec le retour de Carter, la mise sous contrat de Vaughn Martin, la présence de Glenn et d'un vétéran entraîneur offensif comme Chapdelaine. Tout permettait de penser que les Alouettes pourraient présenter une meilleure fiche que celle de l'an dernier, surtout qu'il manquait peu de chose en attaque pour y arriver.

Les Alouettes ont rapidement perdu Green et Stafford, mais surtout, Jacob Ruby n'a pas encore réussi à être un vrai remplaçant pour Josh Bourke. Plus souvent qu'autrement, la ligne offensive des Alouettes ne donne pas au quart toute la protection nécessaire pour réussir les jeux. Plus souvent qu'autrement, les receveurs ne se démarquent pas comme ils le devraient. Plus souvent qu'autrement, l'attaque ne peut soutenir ses séquences et la défensive devient surtaxée. L'équipe est très indisciplinée et donne à l'adversaire plus d'un terrain de football en punitions à chaque partie. Ajoutez à ça les déboires de leur botteur étoile, les problèmes ne font que se multiplier.

Les Alouettes ont une meilleure équipe que leur fiche ne le démontre, aussi, qu'est-ce qui ne va pas?

Les problèmes commencent avec Jim Popp. Si tous s'entendent pour dire que Popp est un bon DG, tous s'entendent pour dire que Popp n'est pas un entraîneur-chef. Il est un gestionnaire de coordonnateurs, mais ce n'est pas ce dont une équipe de football a besoin pour performer. Regardez toutes les équipes de la LCF dignes de ce nom, leur entraîneur-chef est quelqu'un qui peut contribuer au moins dans une facette du jeu. Buono a un bon regard sur la défensive, Dickenson est un excellent coordonnateur offensif, Maas aussi, Jones œuvre vers la défensive, O'Shea est un spécialiste des unités spéciales, Austin est à toutes fins utiles un coordonnateur à l'attaque, tout comme Milanovitch et Campbell peut contribuer à la défensive et Campbell a œuvré dans toutes les facettes du jeu. Il n'y a que Popp qui n'a pas le bagage pour mettre ses coordonnateurs au défi lorsque ça devient nécessaire. Popp semble également avoir perdu la touche pour recruter des entraîneurs-chefs et des quarts-arrières. L'avenir nous dira ce que Cato, Adams et Cie pourront donner, mais pour l'instant, ils demeurent des jeunes joueurs en apprentissage. Popp, qui a déjà recruté des gars comme Don Matthews, Charlie Taaffe, Dave Ritchie, et Marc Trestman, ne semble plus capable de convaincre des candidats crédibles pour diriger l'équipe. Il a à mon sens laissé passer Chris Jones et Rick Campbell et ne semble plus capable d'amener quelqu'un pour redonner à cette équipe un semblant de respectabilité. On est rendus à se demander si le génie de Popp ne s'était pas limité à recruter Anthony Calvillo et bien l'entourer par la suite. Bien l'entourer par la suite, c'est tout ce qu'il faut pour conclure que son génie ne se limitait justement pas à avoir recruté Calvillo. Popp recrute encore des bons joueurs, mais il ne les entoure pas d'une équipe capable des les faire fonctionner correctement, du moins, pas en attaque.

Par ailleurs, Popp semble incapable de régler le problème d'indiscipline de son équipe. Partie après partie, les Alouettes concèdent au moins un touché à cause de punitions, pour la plupart inutiles. C'est là qu'un véritable entraîneur-chef peut et doit s'imposer. C'est un indice probant que Popp n'est pas un véritable entraîneur-chef, et que les joueurs semblent croire qu'ils peuvent ne pas tenir compte de ses consignes. Si Popp et ses adjoints ne peuvent mettre les joueurs au pas sur cet aspect, oubliez toute amélioration de l'équipe. On ne peut avoir une fiche gagnante en concédant un terrain à un terrain et demi à l'adversaire en punitions.

Ensuite, il y a la limite infranchissable que Popp a transgressée : il a dit publiquement que si les joueurs n’en donnaient pas assez, ils seraient remplacés par des joueurs au salaire minimum. On a vu une première bravade de ses joueurs lorsque Vaughn Martin a décidé d’attraper un botté d’envoi au lieu de le laisser à Stefan Logan tout juste derrière lui. Un beau majeur bien relevé à la face de Popp. Popp a perdu l’estime de ses joueurs dès cet instant, et il est à se demander qui il pourra recruter à partir de maintenant. Je vois mal comment des joueurs voudront faire carrière à Montréal maintenant que le DG dit publiquement qu’il va faire rouler les têtes. Popp est à la dernière année de son contrat, et il semble se comporter comme quelqu’un qui ne veut pas revenir à Montréal de toute façon.

L'autre problème s'appelle Anthony Calvillo. Promu coordonnateur à l'attaque beaucoup trop tôt dans sa carrière d'entraîneur, Calvillo apprend le métier de la pire façon. Il est lancé dans le feu de l'action alors qu'il n'a pas été suffisamment longtemps entraîneur de position. Il n'a pas pu faire l'apprentissage d'enseigner le football à des professionnels qu'on le met en charge de bâtir une attaque et de diriger un groupe d'entraîneurs. Si Calvillo a toujours démontré qu'il est bon élève, il est loin d'être acquis que la patience requise pour qu'il devienne le coordonnateur offensif qu'il est destiné à être, si tant il est qu'il finisse par performer dans ce métier, fera l'affaire des supporteurs des Alouettes. Après 3 ans de médiocrité, les supporteurs veulent voir du progrès. Au lieu de ça, ils voient une équipe incapable de compter plus de 20 points par partie, pour être généreux. Calvillo devrait avoir la sagesse de laisser son poste de coordonnateur à Jacques Chapdelaine et apprendre de ce dernier comme entraîneur de position. Chapdelaine n'a pas souvent dirigé de grandes attaques, mais il a pratiquement toujours dirigé de bonnes attaques. Tout comme il a profité de l'expérience de Tracy Ham pour relancer sa carrière de quart-arrière, il devrait faire de même avec Chapdelaine pour apprendre le métier de coordonnateur à l'attaque. Quelle que soit sa grande connaissance du football canadien, Calvillo demeure un "jeune" entraîneur et ne gagne pas à sauter les étapes.

Les déboires de Boris Bede se sont ajoutés au casse-tête qu'est la relance de cette équipe, à un point tel que Bede doit se retirer du jeu quelque temps pour retrouver ses repères. Les Alouettes ont engagé Fera pour combler le vide en attendant que Bede retrouve sa touche, mais il est clair que ce dernier n'a pas la puissance de Bede à son meilleur.

La position de quart-arrière demeure le problème névralgique de cette équipe. Après avoir été bénie des années avec un quart légendaire à la tête de l'attaque, les Alouettes ont passé en revue toutes sortes de candidats qui ont échoué à livrer la marchandise. On a beaucoup imputé la médiocrité de l'attaque des Alouettes aux systèmes mis en place, mais cette fois, cette excuse n'a plus lieu d'être. C'est l'exécution qui n'est pas au rendez-vous. On pensait qu'avec un quart expérimenté pour montrer le métier aux jeunes, l'équipe pourrait réussir à en faire juste assez pour gagner régulièrement. Au lieu de ça, l’équipe piétine offensivement et Glenn n’a pas perdu ce don unique de lancer la mauvaise interception au pire moment. Jeudi dernier, contre Edmonton, il a lancé une passe à Louks en double couverture au lieu de tirer le ballon vers Giguère, complètement seul au milieu du terrain. Glenn n’est pas meilleur avec les Alouettes qu’il ne l’a jamais été, et il est maintenant à se demander combien de temps les Alouettes vont prendre avant de le mettre de côté d’une façon plus significative pour faire de la place aux jeunes. Ces derniers ont à apprendre de Glenn, mais combien de temps faudra-t-il attendre pour qu’ils dépassent leur maître? De la façon dont Glenn joue, ça pourrait bien être dès cette saison.

Il va également falloir que Popp constate qu’il a besoin d’un bloqueur à gauche capable de faire le travail. Ruby a besoin de quelques saisons pour apprendre le métier, mais est-ce que les Alouettes peuvent se permettre d’attendre qu’il finisse par éclore? Les Alouettes ne pourront faire quoi que ce soit offensivement si le point faible de la ligne à l’attaque est justement la position la plus importante, surtout si on fait jouer les jeunes quarts-arrières.

Les Alouettes sont vraiment à la croisée des chemins. Contre les Roughriders, un chiffre m’a frappé : 20 058. C’est la première fois depuis son agrandissement qu’il n’y a pas une foule de 20 202 au stade Percival-Molson en saison régulière. Cette fois, les Alouettes ont entrepris leur glissade sur une pente qui va devenir de plus en plus raide. Pour la 4ième fois en 4 ans, les Alouettes auront besoin d’un coup de barre au milieu de la saison, et ce coup de barre ne sera pas facile à donner. Popp va devoir retourner à son poste de VP des opérations football et directeur-général, avec l’engagement formel, public et définitif de ne plus JAMAIS retourner œuvrer comme entraîneur-chef. Il va aussi devoir rétrograder Calvillo de son poste de coordonnateur à l’attaque, poste qui est manifestement trop complexe pour un entraîneur aussi peu expérimenté, fut-il le plus grand joueur des Alouettes. Il devra confier l’attaque à Jacques Chapdelaine, coordonnateur de carrière qui pourrait permettre à Calvillo de mieux grandir comme entraîneur avec des responsabilités plus limitès. Il devra donner les guides de l’équipe au coordonnateur qui la connaît le mieux, c'est-à-dire Noel Thorpe. Maintenant que William Files s’occupe des demis défensifs, Thorpe pourrait assumer la charge d’entraîneur-chef et de coordonnateur de la défensive. Si Popp persiste à demeurer à la barre de l’équipe, la question ne sera plus de savoir « si » les Alouettes vont cesser leurs activités, mais « quand ». Popp a eu 4 années pour rebâtir cette équipe offensivement, et à chaque année, elle a régressé. On comprend que c’est difficile de remplacer un quart-arrière de la qualité de Calvillo, mais un moment donné, il faut que l’espoir renaisse. Popp a regardé passer Mike Reilly, Trevor Harris, les Lions ont trouvé Jonathon Jennings, Matt Nichols commence à réveiller les Blue Bombers, ce qui prouve que lorsqu’une équipe y tient, elle peut améliorer la position de quart. S’il n’a plus les contacts ni la crédibilité pour amener les joueurs et les entraîneurs qui feront gagner cette équipe, les Alouettes ont-ils encore besoin de Popp? Lorsque je regarde les joueurs que Popp a amenés ces dernières saisons, il me semble qu’il demeure capable de dénicher le talent. Mais quand je regarde son incapacité à amener un entraîneur-chef de qualité, je me dis que c’est pas mal à cause du fait qu’il croit être un entraîneur-chef. Quel entraîneur-chef de qualité voudra de ce poste s’il est si facilement éjectable?

Si Popp ne fait pas ce genre de coup de barre, il va voir les assistances s’effriter de partie en partie. La descente est commencée et elle va se transformer en tendance lourde à moins que quelque chose de profond ne survienne. Les Alouettes sont à la porte d’une autre fermeture si le chemin de la victoire leur est fermé trop longtemps. L’équipe est trop amochée dans l’esprit du public pour être vendue. Personne ne veut de cette équipe. Si les assistances faiblissent comme une peau de chagrin, les Wetenhall vont remettre les clés à la LCF.

J’ai maintenant le sentiment que les supporteurs des Alouettes en ont assez d’une équipe qui se cherche perpétuellement. Il va falloir que des décisions se prennent pour donner un peu d’espoir. Présentement, avec un personnel d’entraîneurs d’une bonne qualité, cette équipe ne réussit pas à marquer des points. L’atmosphère de son vestiaire s’envenime de semaine en semaine et on ne voit pas de leaders prendre les choses en mains. En temps normal, un des vétérans de l’équipe aurait convoqué les joueurs en réunion privée pour remettre les pendules à l’heure et relancer leur saison, avec ou sans Popp, non pour lui mais pour les supporteurs. Rien de tout ça n’est arrivé. Le seul indice que ces joueurs ont encore une fierté est la tenue de la défensive et des unités spéciales. Pour le reste, il n’y a rien. Pas d’âme, pas d’exécution, pas de cohésion. C’est une bonne recette pour finir sans acheteurs de billets.

Dans la LCF, les équipes gagnent et perdent par cycles. Cependant, à Montréal, les partisans n’auront pas la patience des gens de Hamilton, Winnipeg ou de la Saskatchewan. À Montréal, la patience pour le football dure 4 ans. Si après 4 ans cette équipe ne revient pas vers la victoire, ce sera déjà bon qu’il y ait une 5ième année. La seule équipe montréalaise qui peut se permettre une éternité sans résultats, c’est l’équipe de hockey. La seule équipe avec qui les montréalais sont aussi intransigeants, c’est les Alouettes. C’est dommage parce qu’il ferait bon qu’on revienne un moment donné avec une équipe gagnante et que la fièvre du football se relance à Montréal. Malheureusement, c’est une équipe dont l’attaque est en déroute qui est sur le terrain semaine après semaine et ce n’est rien pour encourager les gens à persister, à croire au retour de cette équipe sur le sentier de la victoire.
Plus tu pédales moins vite, moins t'avances plus vite.
LeStaf
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