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Qui sera le nouveau fossoyeur des Alouettes?

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Qui sera le nouveau fossoyeur des Alouettes?

Postby LeStaf » 13 Sep 2017 10:06

À la suite des chambardements du mois de septembre de l'année dernière, beaucoup d'espoirs étaient permis. La défensive était encore en compétition pour être la meilleure de la LCF, les fauteurs de trouble se sont vus montré la sortie et l'attaque semblait commencer à retrouver un semblant de cohésion. Ce n'était pas suffisant, mais c'était un peu encourageant. Vint ensuite le temps de remplacer Jim Popp comme directeur-général. On se rappellera la cabale des journaleux locaux en faveur de Danny Maciocia et la candidature de celui que les Eskimos se sont empressés d'aller chercher lorsqu'ils ont eu un besoin à ce poste. Contre toute attente (au début de ce processus), les Alouettes se sont tournés vers Kavis Reed, qui n'avait jamais été dépisteur, n'avait pas de réseau de dépistage aux USA, et n'avait jamais eu de grand succès comme entraîneur-chef.

Qu'on me comprenne bien : j'aime beaucoup Kavis Reed. C'est un homme très intelligent, un excellent coordonnateur d'unités spéciales, un bon coordonnateur offensif et un excellent entraîneur de football. C'est un type chaleureux, très amical, généreux et profondément humain. Il faut être un méchant moron pour ne pas vouloir prendre une bière en sa compagnie.

Ceci dit, sa sélection a causé une certaine surprise. On se demandait comment il pourrait faire passer cette équipe de médiocre à compétitive. Les Alouettes ont confié les rennes de l'équipe à Reed parce qu'il avait un plan, une vision pour relancer cette équipe. Amener un quart-arrière d'expérience, remanier le ratio de joueurs canadiens pour amener deux américains sur la ligne offensive et mettre Jacques Chapdelaine comme entraîneur-chef, et ne pas payer trop pour des positions où habituellement on ne verse pas de si gros salaires. Pour Reed, il valait mieux payer le quart-arrière qu'un série de bons joueurs dont la contribution n'est pas aussi importante.

La question était donc de savoir si Reed allait pouvoir se bâtir un réseau de recrutement efficace et s'il pourrait réunir les gens qui sauraient relancer cette équipe devenue sans âme et sans fierté. Honnêtement, je n'y croyais pas vraiment, du moins, pas à court terme. Kavis Reed pourra probablement devenir un jour un bon directeur-général, s'il a suffisamment de temps pour apprendre les rouages de son nouveau métier et pour réunir une meilleure équipe autour de lui. Mais voilà, considérant les années de vaches maigres que les supporteurs ont endurées, Kavis Reed n'a pas de temps. Il s'est tourné vers Joe Mack pour le recrutement aux USA, ce qui n'était pas une si vilaine idée considérant que Mack avait déjà un réseau de dépisteurs aux USA. Malheureusement, Mack n'est ni le plus vaillant ni le meilleur évaluateur de talent que la LCF ait connu. Son passage comme DG à Winnipeg a laissé un goût amer et on ne peut pas dire que ses sélections ont donné beaucoup d'espoir jusqu'à maintenant. Reed aurait probablement besoin de mieux que Joe Mack pour faire avancer son équipe.

L'entre-saison s'est poursuivi avec ce qui a semblé un travail étrange. Les Alouettes sont allés chercher un quart-arrière d'expérience, un receveur de premier plan, un excellent bloqueur offensif, un autre bloqueur d'expérience. Certes, l'équipe avait perdu quelques plumes quelques jours après l'ouverture du marché des joueurs autonomes, mais l'espoir demeurait. Vint alors des décisions étranges qui sont venues semer le doute sur les capacités de l'équipe : on a libéré S. J. Green dont on avait des doutes sur ses capacités de revenir à pleine capacité, on a libéré Bear Woods qui était le cœur de la défensive, on a laissé aller Alan-Michael Cash qui était le seul actif des Alouettes au milieu de la ligne défensive, on a laissé aller Jovon Johnson, seul vétéran dans la tertiaire pendant que Ryan Philips était blessé, et ce dernier n'a finalement pas pu montrer qu'il pouvait encore donner sa pleine mesure, ce qui a consacré son renvoi. Soudainement, l'excellente défensive des Alouettes perdait pas mal de son lustre.

Les premières parties ont été frustrantes pour les supporteurs qui s'attendaient à une attaque mieux organisée, une meilleure exécution­. C'était tout de même la défensive qui faisait le boulot tant bien que mal, malgré ses problèmes récurrents, notamment sur les 2ièmes et long. Puis vint l'hécatombe dans la tertiaire. La première ligne de remplaçants a relativement fait le travail (sauf sur les 2ièmes et long), mais l'hécatombe s'est poursuivie et les Alouettes se sont retrouvés à court de profondeur, devant remplir les trous avec des joueurs ayant de l'expérience, mais pas nécessairement autant d'énergie et de talent que ceux qu'ils remplaçaient. Des blessures à des joueurs canadiens ont forcé l'équipe à faire des transactions qui pourraient hypothéquer son avenir en laissant aller de jeunes espoirs. Puis les blessures se sont abattues sur la ligne offensive et là, on peut dire que la débâcle a commencé. Durant n'avait convaincu personne avec ses performances erratiques et irrégulières et les choses ne semblaient pas vouloir s'améliorer, malgré que l'espoir demeurait. Il y avait encore beaucoup de football à jouer.

Puis, vint la partie contre les Argonauts à Toronto. Cette partie a montré toutes les faiblesses des Alouettes d'un seul coup. La défensive était incapable de stopper la progression de ses adversaires, l'attaque était inexistante, les unités spéciales incapables de produire une étincelle dont l'équipe avait besoin. Cette équipe était complètement désorganisée, à court de talent et à court d'idées. Une performance aussi pitoyable ne pouvait qu'augurer de sombres moments à venir.

Il y a maintenant 11 parties de jouées, et on peut déjà sentir que les gens parlent des Alouettes au passé. Ils ne parlent même plus de leur passé glorieux des belles années avec Calvillo, mais plutôt des performances médiocres qu'ils livrent depuis la saison 2013. Après 11 parties, on peut faire une évaluation de ce que les Alouettes nouvelle mouture sont devenus.

Les problèmes des Alouettes ont commencé lorsqu'ils ont préféré Kavis Reed à Brock Sunderland comme DG. Autant Reed n'était pas encore prêt pour assumer ces fonctions, autant Sunderland avec tout ce qu'il fallait pour faire le boulot. Ayant trempé dans le dépistage à partir du moment où on lui a mis de couches, ayant été lui-même un dépisteur de qualité, ayant été l'assistant de Marcel Desjardins pendant 2 ans, Sunderland était prêt pour la prochaine étape. Ce n'est pas pour rien que c'est sans hésiter que les Eskimos se sont tournés vers lui après qu'un conflit se doit développé entre Ed Hervey et le président de l'équipe à l'occasion du renouvellement de son contrat. Les problèmes se sont accrus quand Anwar Stewart a quitté son poste d'entraîneur de la ligne défensive sans être remplacé. Stewart n'achetait pas la nouvelle vision de Noel Thorpe et n'a pas fait la sangsue en demeurant au sein d'une équipe en qui il ne croyait pas. La suite des choses lui a donné raison. Thorpe a confié la ligne défensive à Greg quick. Si Greg Quick est un bon entraîneur de secondeurs, il n'a à ce jour pas montré qu'il peut être bon dans d'autres fonctions. Il a été médiocre comme coordonnateur de la défensive en Saskatchewan et est présentement mauvais dans toutes ses fonctions, récoltant ce qui arrive lorsqu'on court après deux lièvres en même temps. Ensuite, les Alouettes ont confié la ligne offensive à Paul Charbonneau, se séparant des services de Kris Sweet. Si Sweet était un gars intense et parfois tyrannique, il demeure que la seule saison où les Alouettes ont eu une mauvaise ligne offensive sous ses ordres était 2016. Charbonneau n'a jamais entraîné de bonne ligne offensive. On a vu dès le début de la saison que les résultats n'y étaient pas et les blessures à Blake et Gagnon ont montré rapidement le peu de ressources des Alouettes à cette unité névralgique.

Le plan théorique de Reed pouvait avoir du succès s'il ne passait pas par un démantèlement profond de la défensive et le dogmatique principe d'avoir 2 plaqueurs offensifs américains. En se séparant de joueurs accomplis comme Green, Cash et Woods, en libérant des jeunes avec un certain potentiel comme Ryan White, Jake Piotrowski et même Jacob Ruby qui aurait pu faire un assez bon garde, les Alouettes se sont royalement tirés dans le pied. Ils ont détruit la force qui leur permettait de tenir leur bout et n'ont pas réussi à avoir la profondeur nécessaire à l'attaque pour pallier la régression de la défensive.

Ce matin, les Alouettes ont congédié Jacques Chapdelaine et Noel Thorpe. Kavis Reed retournera assumer les fonctions d'entraîneur-chef, avec Anthony Calvillo et Greg Quick pour diriger l'attaque et la défensive. Autant dire que les Alouettes vont réussir à terminer en bas de classement de la LCF. Il faut constater que les Alouettes n'ont pas regardé au bon endroit pour redresser leur équipe. Le retour de Kavis Reed sur le plancher des entraîneurs n'est pas une mauvaise nouvelle en c'est l'endroit où il est le plus aguerri. Mais à mon sens, Reed n'est pas exactement un entraîneur-chef, même s'il l'est un peu plus que directeur-général. Anthony Calvillo n'est pas encore prêt pour le poste qu'on lui confie présentement, ce qu'on a pu constater l'an dernier. Et le passage de Quick à Regina a montré à quel point il n'est pas à sa place. Les Alouettes ont une grosse lacune dans les niveaux supérieurs des opérations football et leur problèmes proviennent exactement de là. Ils ne réussissent pas à amener et surtout, à garder des gens compétents dans cette sphère de leur organisation. Contrairement aux Stampeders de Calgary, ils ne sont pas capables de bâtir dans la continuité. Ils sont devenus une autre de ces portes tournantes de la LCF et je ne vois pas dans la nouvelle garde une équipe qui pourra bâtir dans cette continuité. Or, ça semble être un facteur de succès dans cette ligue. Les organisations les plus stables ont plus de succès. Je parle des Lions, des Stampeders, des Eskimos, des nouveaux Blue Bombers et du Rouge et Noir. Je crois qu'on pourra ajouter les Argonauts à cette liste avant longtemps. Les Timinous, les Roughriders et les Alouettes ne semble pas capables de s'inscrire dans cette tendance et ce n'est pas avec un manque de rigueur et d'autocritique qu'ils y parviendront.

Les Alouettes sont sur une pente très glissante. J'écrivais l'année dernière qu'ils n'ont plus de marge de manœuvre, qu'ils avaient épuisé la patience des partisans et que maintenant, seule une fiche gagnante pourrait redresser la situation. Les Alouettes n'auront pas cette fiche avec le personnel qu'ils ont présentement. Les Wetenhall se sont mis un doigt dans l'œil en confiant la restructuration de cette équipe à un gars qui n'était pas encore prêt à faire le saut dans l'arène. À la limite, ils auraient pu démettre Popp de ses fonctions d'entraîneur-chef seulement et le garder comme DG, peut-être cela aurait permis de relancer l'équipe en 2017. Facile à dire aujourd'hui, j'en conviens, mais on est à l'heure des bilans, et Popp n'a pas pu la relancer en 5 ans. Il semble relancer les Argonauts un peu, mais tout ça repose passablement sur Trestman et Ray... et sur beaucoup d'anciens Alouettes. Mais aujourd'hui, les Alouettes doivent remettre en question tout leur personnel des opérations football à commencer par le travail de Kavis Reed comme directeur-général. Il demeure un excellent actif à avoir dans le personnel d'entraîneurs (même si je suis sceptique sur ses capacités comme entraîneur-chef), mais je ne crois pas qu'il soit à sa place comme directeur-général, du moins pas pour l'instant. Je soupçonne qu'il a été proposé de garder Chapdelaine et Thorpe comme coordonnateurs, de remplacer Chapdelaine par Reed comme entraîneur-chef, et que ces derniers ont refusé. Ce n'est que ma supposition, mais ça demeure une probabilité sérieuse. Ceci se traduit donc par une équipe dont l'organisation est en déroute et dont les déboires sont loin d'être terminés.

Les Alouettes sont fort possiblement à leurs derniers milles, encore une fois. Ils doivent gagner, et on ne voit personne dans cette organisation qui les amènera au niveau qui pourrait satisfaire les attentes légitimes des supporteurs. Les Alouettes devront faire un autre grand ménage, avec compétence cette fois, et remettre leur destin entre les mains de celui qui en prendra les guides. Reste à savoir si les Wetenhall auront la sagesse de le réaliser, et s'ils le font, de donner les coudées franches à ce prochain candidat. C'est précisément ce qui avait écarté Sunderland des candidats: il voulait l'autorité et l'autonomie pour amener son monde autour de lui. Les Wetenhall le lui ont refusé et les parties sont passé à autre chose. Les sauveurs des Alouettes, les Wetenhall, deviendront-ils leurs fossoyeurs par leur entêtement à vouloir se réserver le dernier mot sur une décision qui relève du directeur général? Auront-ils la sagesse de voir clair dans la situation, au-delà des déclarations publiques et des gestes d'éclat, et engager quelqu'un qui a montré qu'il peut redresser une équipe de la LCF? Malgré ses défauts, Ed Hervey a redressé les Eskimos après le désastre qu'on été les règnes successifs de Danny Maciocia et Eric Tillman à leur tête. Les Alouettes devraient peut-être regarder dans sa direction parce que présentement, ils ont terriblement besoin de quelqu'un qui a traversé ce genre de situation et qui pourra dire "Je l'ai fait, et ça a fonctionné."

Si les Wetenhall et les hauts-dirigeants de cette équipe ne font pas ce genre d'examen de conscience, il y a fort à parier que la LCF sera bientôt une ligue à 8 équipes, de nouveau orpheline de Montréal. Si ça devait arriver, qui sera le fossoyeur des Alouettes? Andrew Wetenhall? Kavis Reed? Patrick Boivin? Jim Popp? Lorsqu'une organisation semble avoir perdu la tête, c'est peut-être en haut qu'il faut regarder plutôt qu'en bas. Wetenhall a jeté le blâme sur les entraîneurs et les joueurs, mais il y a des gens qui les ont choisis, qui les ont mis en place, qui ont imprimé une structure salariale et qui ont fait des choix dogmatiques pensant que, magiquement, des joueurs dont les autres équipes ne voulaient plus pourrait faire le travail à Montréal. C'est donc à la tête qu'il faut regarder et si, tout propriétaire qu'il soit, Andrew Wetenhall n'a pas le discernement nécessaire pour prendre les bonnes décisions d'embauche, en bon actionnaire qu'il est il devrait laisser ce genre de décision à un comité et accepter qu'il n'a pas le monopole de la vérité dans cette matière. Les Wetenhall se sont trompés en accordant une clause de transfert dans la NFL dans le dernier contrat de Trestman, en embauchant successivement Dan Hawkins, Tom Higgins, Kavis Reed et Jacques Chapdelaine (comme entraîneur-chef). Il serait temps qu'ils laissent plus de place à des conseils lorsque vient le temps de faire des embauches dans les opérations football. Ce sont leurs décisions qui ont mené à ce que sont les Alouettes aujourd'hui et ils devraient simplement l'admettre. Il n'est pas trop tard, il y a encore des gens compétents qui peuvent faire ce travail, comme Ed Hervey.
Plus tu pédales moins vite, moins t'avances plus vite.
LeStaf
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